5 livres sur les attentats du 11 septembre

Publié le 07 fév 2010

La production littéraire autour de la ville de New-York concerne bien entendu un nombre incroyable de romans, tant cette ville mythique a inspiré les écrivains.

Etant donné qu’il est impossible de présenter toute cette production d’un coup, nous proposons d’en présenter cinq de temps à autres, en les regroupant autour d’un thème.

Pour inaugurer cette série, j’ai choisi quatre romans et une BD qui ont traité des attentats du 11 septembre, événement majeur dans l’histoire new-yorkaise et qui a meurtri à jamais ses habitants et la ville en elle-même, la laissant amputée d’un de ses symboles les plus connus : le World Trade Center.

Ces cinq ouvrages abordent les attentats de diverses manières. Soit ils sont le point de départ du roman, soit ils constituent un point charnière ou le clôturent tout simplement, illustrant la fin d’une époque.

Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer.

Oskar, 9 ans, est surdoué, ultrasensible, fou d’astrophysique, fan des Beatles et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé qu’elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l’entraîne aux quatre coins de la ville où règne le climat délétère de l’après 11-Septembre.

Editions points, 460 pages.

L’homme qui tombe de Don Delillo


En cette matinée du 11 septembre 2001, il y a, dans la main de Keith, masqué de cendres, criblé d’éclats de verre et revenu d’entre les morts dans l’appartement de son ex-épouse, Lianne, une mallette qui ne lui appartient pas et que sa main de rescapé serre de toutes ses forces. Tandis que Keith se rapproche et s’éloigne d’une autre femme rencontrée dans l’enfer des tours, Lianne s’abandonne à l’inquiétude que lui causent l’attitude farouche de son fils, l’atelier d’écriture pour malades d’alzheimer dont elle a la charge, l’Homme qui Tombe, ce performeur que la police traque, la santé de sa mère qui vit depuis des années une incompréhensible liaison avec un mystérieux Européen toujours entre deux avions, entre deux univers… Affrontant, avec les seules armes de son art, un monde en morceaux dont la représentation s’est perdue avec les attentats du 11 Septembre, Don DeLillo donne à voir les ressorts brisés de la belle machine humaine – psychisme, langage et corps impuissant confondus. Voyage au coeur de notre histoire commune, exploration magistrale des effets et des causes d’une catastrophe, ce roman fraye le chemin d’une catharsis qui autorise à regarder en face le Mal dans tous ses inévitables et fulgurants avènements.

Actes Sud, 297 pages.

Les enfants de l’empereur de Claire Messud

Manhattan, début 2001. Trois jeunes trentenaires se retrouvent déchirés entre leurs rêves et les exigences du réel : Marina, apprentie journaliste, écrasée par son père Murray, maître de l’intelligentsia new-yorkaise ; Danielle, en quête de l’âme sœur et de reconnaissance professionnelle ; Julius, pigiste gay, aspirant à se ranger sans pouvoir s’y résoudre. Leurs rapports se compliquent dangereusement avec l’arrivée du séduisant Ludovic et celle du provincial Bootie… De périlleux chassés-croisés sentimentaux en perspective, avant que les masques ne tombent, dans une comédie de l’innocence perdue qui culmine un certain 11 septembre. Par son jeu virtuose sur les points de vue, son habileté à relier les trajectoires individuelles à l’Histoire, Claire Messud nous offre le portrait réjouissant d’une métropole narcissique, et recrée toute une époque, si proche et déjà si lointaine.

Edition Folio, 714 pages.

J’ai lu ce livre et j’en parle ici.

Brooklyn Follies de Paul Auster

Nathan Glass a soixante ans. Une longue carrière dans une compagnie d’assurances à Manhattan, un divorce, un cancer en rémission et une certaine solitude qui ne l’empêche pas d’aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Sous le charme de Brooklyn et de ses habitants, il entreprend d’écrire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu’il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps de l’an 2000, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood, perdu de vue depuis longtemps. C’est ensemble qu’ils vont poursuivre leur chemin, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout le rêve d’une vie meilleure à l’hôtel Existence…
Un livre sur le désir d’aimer. Un roman chaleureux, où les personnages prennent leur vie en main, choisissent leur destin, vivent le meilleur des choses – mais pour combien de temps, encore, en Amérique ?…

Editions Babel, 368 pages.

Je l’ai également lu. Mon avis ici.

Septembre en t’attendant de Alissa Torres (BD)

Alissa Torres est enceinte de 7 mois et demi lorsqu’elle perd son mari Eddie dans les attentats du World Trade Center. Elle dépeint avec émotion le manque et la douleur d’une disparition aussi injuste. Elle ne cache rien des difficultés rencontrées, des réactions parfois blessantes de son entourage, des frustrations engendrées par les organismes d’aide aux victimes, de l’acharnement malsain de certains médias… C’est finalement son mari qui l’aidera à survivre, puisque c’est dans les souvenirs de leur vie commune qu’elle puisera la force de se battre chaque jour… Pour leur fils. En mémoire d’Eddie.

Casterman, 213 pages.

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